Au Tchad comme dans plusieurs pays africains, la fonction ministérielle connaît des fortunes diverses. Entre les anciens, les actuels et les futurs ministres il y a tant à dire... Il mentirait à celui qui affirmerait qu’il y a un consensus sur les processus qui guident vers l’obtention de ce titre de ministre. On ne sait d’ailleurs pas comment on accède à cette illustre fonction publique, on s’enracine ou on en est débarqué. Contrairement à ce que croit le commun des citoyens, les conditions de vie et de travail du ministre peuvent ne pas être très enviables.
L’absence d’obligations de résultats trouve ses explications dans plusieurs déterminants sociopolitiques et économiques. Pourtant, dans la vie courante, tout le monde est tacitement évalué. Mais pourquoi cela ne serait-il pas possible pour les ministres, les responsables des institutions nationales et le Président de la République ?
En fait, à quoi sert au juste un ministre ? Quels sont les indicateurs de ses performances ? À l’égard de qui le ministre est-il redevable ou comptable ? Quels critères de l’éthique sont-ils liés aux fonctions ministérielles ? Le ministre, fût-il un ancien, a-t-il le droit de faire un bilan de son passage au gouvernement ? Peut-il se prévaloir de son droit de l’homme ministre pour relater ses propres expériences ? Quels risques court-il en dévoilant ses déboires dans un livre ? Telles sont les questions auxquelles prétend répondre le présent ouvrage autobiographique. Une première au pays de Toumaï.