En 2007, une politique portant sur la gratuité des soins de santé
a été mise en place au Tchad. Dans le livre, nous tentons d’en
faire l’évaluation à la lumière des expériences d’autres pays
africains. Il ressort des analyses que l'instauration de cette
politique dans les hôpitaux a favorisé l'amélioration de la santé
maternelle à travers les accouchements assistés par un personnel
de santé. De plus, elle a contribué à la réduction de la mortalité
infantile et des décès dus aux urgences chirurgicales. Par contre,
à cause probablement du ciblage des problèmes de santé, la
gratuité de soins d'urgence est restée sans effet sur les décès liés
aux urgences gynéco-obstétriques, médicales et pédiatriques.
Après son élargissement en 2009 aux centres de santé,
l'utilisation de services de santé s'est légèrement améliorée, puis
s'est détériorée davantage. D'ailleurs, il n'existe aucune
différence statistiquement significative entre le taux d'utilisation
des services avant et après la mise en place de la gratuité. Cette
faible performance observée peut s'expliquer par le ciblage
même de la politique, et par l'existence d'autres barrières aux
soins. Par contre, la gratuité des accouchements a favorisé
l’utilisation des services des centres de santé, en conséquence
les délivrances à domicile ont décru. En outre, il a été observé
qu’après l'instauration de la gratuité ordinaire dans les centres
de santé, le nombre de cas de paludisme grave, de diarrhée
chez les enfants de moins de 5 ans ou des consultations liées
aux infections respiratoires aiguës ont considérablement
augmenté. De plus, grâce à la gratuité, la prise en charge des cas
de maladies chroniques a favorisé la détection de nouveaux cas,
comme elle a aussi encouragé l'observance des traitements, en
particulier dans le domaine du VIH et de la tuberculose. Enfin,
le livre propose des recommandations tant au plan gestionnaire
que dans celui de la recherche évaluative.